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Etiquette énergie : à quoi ressemblera la nouvelle mouture de 2019 ?

Une nouvelle mouture de l'étiquette énergie devrait être mise en place courant 2019. Quelles informations contiendra-t-elle ? La classification actuelle restera-telle la même ? Quel sera l'impact pour les consommateurs et pour les fabricants ? Réponses avec Patrick Le Dévéhat, directeur technique du GIFAM.

La question de la mise en place d'une nouvelle étiquette énergie pour les appareils électriques était sur la table depuis plusieurs années mais cette fois, les choses semblent se concrétiser. Le Parlement et le Conseil européen viennent en effet de conclure un accord informel pour faire évoluer le règlement cadre qui en pose les bases. Une nouvelle mouture attendue de la part des fabricants car elle vise notamment à revoir la classification, une classification arrivée, pour certaines catégories de produits, à ses limites.

Dans le secteur de l'électroménager par exemple, qui est l'un des pionniers en matière d'étiquetage énergétique, alors que certaines familles sont estampillées de A+ à A+++, d'autres restent sur une échelle A à G ce qui peut perturber les consommateurs. "Cette différence s'explique tout simplement par le fait que certains produits sont plus avancés que d'autres sur le plan des performances énergétiques et qu'ils n'ont pas été étiquetés au même moment mais, bien sûr, cela échappe souvent au grand public", indique Patrick Le Dévéhat, directeur technique du GIFAM (Groupement Interprofessionnel des fabricants d'appareils ménagers).

Retour à une échelle "plus simple" de A à G

L'un des principaux changements que devrait subir l'étiquette énergie concerne la classification. Les + devraient en effet disparaître au profit d'une graduation "plus simple" allant de A à G. "Le classement des produits les plus performants dans les catégories A + à A+++ était source de confusion et masquait des différences éventuellement importantes en matière de performance énergétique", explique la Commission européenne dans un communiqué de presse publié le 21 mars dernier. "Nous allons revenir à la classification originelle de l'étiquette énergie pour certaines familles de produits électroménagers mais attention cela ne veut pas dire qu'il va y avoir récession. Nous restons dans une démarche d'amélioration de la performance énergétique des produits", ajoute Patrick Le Dévéhat. "Il sera donc nécessaire d'expliquer aux consommateurs que c'est l'échelle de l'étiquette énergie qui a été révisée et non les appareils qui seraient devenus moins efficaces", insiste-t-il. D'autant plus que la mise en place de cette nouvelle étiquette entraînera une phase de transition, les fabricants fourniront deux étiquettes énergie avec chaque produit, une où figurera une classe entre A+ et A+++, l'autre avec la nouvelle classe entre A et G. Les distributeurs auront 15 jours pour remplacer l'ancienne étiquette énergie par la nouvelle à compter de la date d'entrée en application de la règlementation. "Cela risque de générer une certaine confusion dans la tête des consommateurs, il faudra donc être réactifs pour ne pas laisser le doute ou l'incompréhension s'installer", prévient Patrick Le Dévéhat.

Instauration d'un QR code pour accéder à une base de données européenne

Autre changement notable : l'intégration d'un QR code sur les étiquettes. Il permettra aux citoyens d'accéder à une base de données européenne en ligne qui regroupera toutes les informations concernant les performances énergétiques des produits mais aussi leurs principales caractéristiques techniques. Grâce à des outils spécifiques, notamment des applications, des comparaisons immédiates pourront même être effectuées entre les différents produits disponibles sur le marché.

Si cette évolution 2.0 de l'étiquette énergie est vue d'un bon œil par les professionnels, elle soulève quelques craintes notamment par rapport à la sécurisation des données transmises par les fabricants. "En plus de transmettre des informations figurant sur l'étiquette énergie et dans la fiche d'information des produits, nous devrons fournir des éléments de calcul et de mesure plus sensibles donc plus confidentiels. Ils ne seront pas accessibles à tous, certes, mais le fait qu'ils se retrouvent en ligne nous inquiète", confie Patrick Le Dévéhat.

En effet, en plus de faciliter l'accès à l'information pour les consommateurs, cette base de données a pour vocation d’améliorer la surveillance du marché. Les autorités de contrôle, telles que la DGCCRF, y auront en effet accès. Un outil utile selon le GIFAM mais dont l'utilisation ne doit pas, comme il le souligne, mener à l'abandon des contrôles sur le terrain, avec notamment des prélèvements de produits en magasins pour vérification...

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