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Expérimentation E+C- : 5 choses à retenir

L’expérimentation E+C- sert de base pour élaborer la future RE2020. En quoi consiste cette expérimentation ? Comment aide-t-elle les pouvoirs publics et les professionnels de la construction à mettre en place la future réglementation environnementale ? Voici 5 choses à retenir.

1- Une expérimentation grandeur nature pour préparer la RE2020

E+C- signifie « énergie plus carbone moins » ou « énergie positive réduction carbone ». Il s’agit d’une expérimentation lancée en 2016 pour collecter des informations sur la manière de construire. Le but est de récolter des données et d’en tirer des conclusions sur la manière dont il faut construire des bâtiments au faible impact environnemental : qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment et ont une faible empreinte carbone.
Cette expérimentation vise à préparer la réglementation environnementale 2020 (RE2020), qui prendra la suite de la RT2012. Lorsqu’ils construisent un ouvrage, les maîtres d’œuvre peuvent le faire figurer dans un observatoire, en remplissant un fichier RSEE. C’est ce qui permet de mettre en parallèle l’utilisation de certains modes constructifs ou matériaux (entre autres) et leur adéquation avec des ambitions environnementales.

2 – Un label E+C- pour distinguer les bâtiments écologiquement vertueux

De cette expérimentation est né un label qui distingue les bâtiments les plus vertueux : ceux qui consomment très peu d’énergie et dont les émissions carbones sont réduites pendant tout leur cycle de vie. Il y a un barème de « notation » sur 4 niveaux pour l’énergie (d’E1 à E4) et sur deux niveaux pour le carbone (C1 et C2).

3 – Une démarche volontaire ouverte à toutes les constructions RT2012

La démarche est volontaire : tous les maîtres d’œuvre peuvent y participer. Car si le label E+C- « récompense » les constructions les plus écologiques, l’observatoire lié à l’expérimentation doit aussi comporter des maisons et bâtiments plus « classiques ». Elle est donc ouverte à tous les bâtiments neufs soumis à la RT2012 : maisons individuelles, bâtiments collectifs d’habitation et bâtiments à usage de bureaux. Cela est même nécessaire à la préparation de la RE2020 pour disposer d’un retour d’expérience complet, sur divers points. Car l’un des enjeux de la RE2020 – qui concernera donc tous les bâtiments neufs construits à partir de son entrée en vigueur (prévue début 2021) – est de pouvoir construire des bâtiments écologiques sans voir le coût de la construction « exploser ». Techniquement, on sait tout faire. On produit déjà aujourd’hui des logements, bâtiments, maisons qui répondent aux plus hauts standards du référentiel E+C-. La question est de savoir si cela est supportable pour tous les ménages qui recherchent une solution de logement.

4 – Une expérimentation riche d’enseignements

L’expérimentation E+C- permet de tirer un certain nombre d’enseignements pour préparer la mise en place de la future RE2020. Mais ils ne suffisent pas pour trancher sur tous les points. En effet, actuellement, 634 bâtiments figurent dans l’observatoire (379 maisons individuelles et 158 logements collectifs). On note que 35 à 40% des maisons individuelles ne seraient pas conformes à la future réglementation telle qu’elle se dessine.

Les constructions renseignées dans l’observatoire E+C- sont peu nombreuses au regard du nombre de logements bâtis en France chaque année (de l’ordre de 400 000). Les retours d’expérience permettent tout de même de tirer des conclusions par rapport aux modes constructifs à privilégier. En revanche, il est actuellement impossible d’en déduire le surcoût engendré pour construire des bâtiments à énergie positive et faible empreinte carbone.

5 – Une expérimentation qui pourrait se poursuivre une fois la RE2020 établie

Une fois la RE2020 entrée en vigueur, le label E+C- ne devrait pas pour autant disparaître. Il serait pertinent de pérenniser ce label E+C- car une réglementation se construit au fil des années. Toute réglementation est amenée à évoluer et à être améliorée. Surtout lorsqu’elle est aussi complexe que la RE2020. Car on peut rappeler que c’est la première fois qu’une réglementation thermique prend en compte l’empreinte carbone.

D’ailleurs, la mise en place de cette RE2020 est tellement complexe que le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) demande au gouvernement de repousser sa date d’entrée en vigueur. Initialement, la loi Elan prévoit que la RE2020 soit publiée au premier semestre 2020 pour entrer en vigueur au 31 décembre 2020. En se précipitant pour tenir les délais, le CSCEE craint justement d’aboutir à une « réglementation inapplicable et inefficace ».

Source : Maisons et travaux

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