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Isoler sa maison autrement avec des matériaux naturels

Abondants, donc peu chers, renouvelables, naturels, performants... On prête de nombreux avantages aux isolants biosourcés. Paille, chanvre, lin, mais également herbes de prairie, champignons, coton recyclé ou déchets de cellulose, Maison à part dresse un panorama des différentes solutions disponibles.

La "durabilité" est aujourd'hui au cœur des questions de construction. Intérêt environnemental et opportunité économique se conjuguent pour délivrer des "biomatériaux" - c'est-à-dire issus du vivant qu'il soit végétal ou animal - censés réduire l'impact écologique. Car ces solutions présentent de nombreux avantages : les plantes notamment stockent le carbone durant leur croissance, en absorbant du CO2 et rejetant l'oxygène. Certaines connaissent des cycles courts, annuels, augmentant le potentiel de "renouvabilité".
D'autres sont peu gourmands en énergie lors de leur transformation industrielle (énergie grise).
Enfin, certains biomatériaux peuvent participer à l'amélioration de la qualité sanitaire des bâtiments, notamment en termes d'air intérieur.

Une nouvelle ère

Depuis plusieurs années, les isolants biosourcés sont entrés dans une ère industrielle, grâce à l'accroissement de leurs performances techniques et économiques. Leurs caractéristiques sont validées à la fois par des évaluations de type "Avis technique" et par la certification Acermi (Association pour la certification des matériaux isolants).
Les matériaux considérés, paille, lin, chanvre, sont disponibles sur de vastes zones du territoire national, et offrent de nombreuses applications pour l'habitat individuel ou collectif, mais également pour le tertiaire et les établissements recevant du public. Une vision stratégique large se fait jour, permettant à la fois le développement de solutions techniques innovantes, l'émergence de filières éco-industrielles structurées créatrices de richesses et d'emplois, et la dynamisation de territoires aux spécificités propres en termes de ressources et de savoir-faire.

Isoler sa maison en bottes de paille


Ressource abondante et disponible puisque le blé est la céréale la plus cultivée en France, la paille est déjà largement utilisée dans la construction. Environ 3.000 réalisations isolées en bottes de pailles sont à ce jour recensées, principalement des logements. Les systèmes constructifs employés concernent principalement le remplissage d'ossatures. Les finitions extérieures sur paille sont réalisées avec des enduits ou des bardages en bois. Les enduits emploient principalement de la chaux à l'extérieur.
Le prix des bâtiments isolés par de la paille serait comparable à ceux du marché tout en offrant de bonnes performances thermiques et un confort accru. Contrairement aux idées reçues, le contexte réglementaire et normatif n'est pas défavorable, il suffit de se conformer strictement à la réglementation en vigueur, que l'on soit une entreprise ou un auto-constructeur.
D'après les chiffres rassemblés dans l'étude Nomadéis, la production française de paille agricole se monterait à 45 millions de tonnes par an, dont environ 5.000 tonnes seraient dédiées à la construction (3.000 tonnes pour des panneaux de paille). La paille, tassée, présente une masse volumique dépassant parfois les 120 kg/m3. Compressé, le matériau ne laisse que peu de place à l'air, offrant une bonne résistance en cas d'incendie par une combustion lente. Et faute de nourriture, les insectes meurent dans le milieu sans le dégrader.

Le lin pas qu'en vêtement, mais aussi en isolant

Les utilisations sont multiples : laine souple, panneaux rigides ou semi-rigides, vrac, feutres... Le lin peut être incorporé à des panneaux agglomérés pour réaliser des cloisons, âmes de portes et plans de travail.
En écran de sous toiture pare-pluie, le lin est employé sous forme de toile non tissée hydroliée. Et dans les menuiseries, le matériau peut être profilé par pultrusion associant lin et résine époxy, afin de remplacer les renforts acier.

Le chanvre revient en force dans nos murs

La chènevotte (le bois de chanvre) est valorisée comme isolant en vrac et comme granulat dans des bétons et mortiers isolants. Les fibres de la plante permettent également de produire des laines isolantes. L'étude Nomadéis révèle que 91.000 tonnes sont produites par an (2012) dont 40.000 destinées aux granulats, 3.500 t à la laine de chanvre et 900 t aux fibres en vrac. Dans le cadre de certains usages, la laine de chanvre est parfois mélangée avec d'autres fibres (lin, bois, laine de mouton).

Les herbes de prairie poussent dans les murs

Une société suisse propose des panneaux d'isolant naturel composé... de graminées. Ramassée avant floraison, la matière première est défibrée, séparée puis additionnée de liant polyester (de 7 à 12 %) ou fibres naturelles issues de l'amidon (acide polylactique). Les substances digestibles sont utilisées pour la production de biogaz ou comme nourriture animale protéinée. Les minéraux quant à eux sont recyclés sur les surfaces de production agricoles pour la croissance des récoltes suivantes. Le procédé est donc très complet, mais peu coûteux en énergie grise, et le produit final obtenu présente de bonnes caractéristiques : le lambda est de 0,035-0,039 W/m.K.

Les champignons sont aussi bons en isolation

Le "Greensulate" est une innovation venue d'outre-Atlantique : champignons et déchets organiques s'assemblent de façon à composer un panneau isolant rigide entièrement naturel, Confiné dans un moule, le champignon filamenteux se charge de tout, digérant et agglomérant les résidus pour former des blocs d'isolants compacts. Léger (34 kg/m²), l'isolant serait ininflammable, peu cher à produire (moins que le polystyrène), n'émettrait aucun COV ni allergène, et serait totalement recyclable en compost.

Les matériaux recyclés, textile ou papier

Aux familles de matières premières peuvent être recyclées pour être utilisées dans la construction : les fibres textiles d'une part, et le papier pour produire de la ouate de cellulose, d'autre part. D'après Nomadéis, les capacités françaises de production de laines isolantes dépasseraient les 5.000 tonnes par an, permettant d'isoler plus de 1,25 million de m² de murs. Les fibres textiles doivent être traitées contre les développements fongiques et contre le feu. Les panneaux semi-rigides à base de ouate sont utilisés pour l'isolation thermo-acoustique des toitures, entre chevrons, et pour l'isolation acoustique des cloisons séparatives.

Le carton : une isolation à 85% recyclée

Les isolants à base de ouate de cellulose sont déjà connus, mais ils proviennent en général de papiers recyclés. Le carton est moins cher à transformer que le papier. Marron et composé de fibres longues, il n'a pas subi de traitements chimiques agressifs pour le blanchir. Et il est plus rarement recouvert d'encre d'imprimerie que le papier. C'est un produit bio-sourcé, issu de l'économie circulaire et le carton provient à 85 % du recyclage.

Source : Maison à Part

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